Légende du Pont du Gard

Tous les grandes constructions de la région qu'il s'agisse du Pont du Gard ou du Pont Saint Bénézet en Avignon parle de la même légende. Cette légende mélange l'homme (Saint Bénézet pour Avignon, un maître maçon pour le Pont du gard), le diable, une femme et un animal.

La légende écrite par Frédéric Mistral dans sa langue provençale raconte que ce Pont du gard, certainement le plus beau travail au monde fut pourtant bâti en une nuit. Une seule nuit qui pouvait faire cela? sinon le diable, le malin.

Le maître maçon qui s'était chargé de bâtir ce pont selon un prix fait se décourageait car il ne pouvait venir à bout de son ouvrage. Chaque fois qu'il en avait bâti une partie, le Gardon furieux l'emportait. Le pauvre se desespérait, cela faisait la troisième fois que le Gardon lui jouait un mauvais tour.

"Cela fait trop maintenant,  maudite vie il y aurait de quoi se donner au diable. Et bien voilà que le diable lui apparaît. et lui propose: "Si tu veux je te bâtirai ton pont et tant que le monde sera monde jamais, jamais, le Gardon ne pourra l'emporter

"Je veux bien dit le maçon mais combien tu me fera payer?

"Oh pas grand chose répondit le diable, simplement le premier qui passera le pont sera pour moi.....

"D'accord dit le pauvre maçon.

Et le diable, affairé et courant d'un côté et de l'autre, vole à la montagne d'énormes blocs et construit un pont comme jamais on en avait vu de pareil. 

Mais le pauvre maçon, un peu abasourdi était allé trouver sa femme pour lui raconter son pacte avec le diable.

"le pont sera fini demain à la première heure de l'aube, mais ceci n'est pas le tout, il faut qu'un pauvre perdu se damne pour les autres.

"Que tu es nigaud lui dit sa femme, notre chienne a attrapé un lièvre tout vivant. Prends le, mets le dans un sac et à la pointe de l'aube lache le sur le pont!

"Tu as raison dit l'homme. Il prend le  lièvre, le met dans le sac et retourne au pont juste à la pointe de l'angelus et lance le lièvre sur le pont.

Le diable qui attendait de l'autre côté reçoit le lièvre dans son sac. Furieux en voyant que ce n'était qu'un lièvre il prend l'animal par la queue et le faisant tournoyer l'écrase contre une arche du pont  et comme l'angélus sonnait le diable furieux et criant mille sottises disparait au fond d'un gouffre.

Et Frédéric Mistral conclut, en bon apôtre, "et voilà comment on dit que les femmes ont trompé le diable".